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CHAPITRE 3

CHAPITRE 3
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[Pov Bill]



Nous sommes mardi, aujourd'hui c'est ma première journée de cours, déjà plus qu'éprouvante. Je suis seul, je cavale sans arrêt dans tous les couloirs pour arriver dans les différentes salles et en plus il pleut. Je déteste la pluie, elle déteind sur mon humeur déjà maussade... Puis sans Georg je suis complétement perdu. Il a des centaines d'éleves, j'ai vu tellement de nouveaux visages que je ne crois pas en avoir retenu un seul. Tout le monde se croise, personne se parle ou seulement ceux qui se connaissent déjà. Ici on est là pour étudier, vraiment. Pas se faire des amis ou chercher à avoir toujours plus de relations, comme au lycée, oh ça non, seulement travailler, travailler, travailler pour réussir mieux que les autres dans un domaine où les débouchées sont quasi-inexistantes. Et pourtant moi j'ai pas avancé... J'y pense encore. Trop.
Pour l'instant je n'ai eu aucun problème, aucun regard méchant ou mesquin, aucune prise de tête pour expliquer que je suis bien homme. Rien. Et pour cause, on m'ignore totalement. Avant j'aurais tué pour ça et aujourd'hui je me sens oublié.
Blasé et trop nostalgique pour être attentif à quoi que se soit, je me lève et quitte le cours de chant sous le regard effaré de la prof qui tentait de nous expliquer comment échauffer notre voix... De toute façon je sais déja le faire. Je sors et me met à courir sous la pluie jusqu'aux chambres qui sont à l'opposé total du batîment où j'étais. Mes cheveux, mon sac, mon maquillge, tout en moi déteste la pluie et j'accèlere de plus en plus, évitant les énormes flaques et les quelques élèves aussi rapides que moi. J'entre et me dirige vers l'ascenceur. J'actionne le bouton d'appel et appuie mes mains sur mes cuisses pour reprendre mon souffle. Il s'ouvre et je m'y engouffre, faisant couiner mes chaussures ruisselantes d'eau et de boue. Je souris légèrement. Seul.
J'ai besoin de rire, j'ai besoin de parler... Georg est sûrement en cours. Un bip sonore me ramène à la realité et sans faire attention je déboule brusquement dans le couloir. J'heurte quelqu'un de plein fouet qui tombe à la renverse sur le coup.

- Oh désolé ! Je m'excuse je ne vous avais pas vu !, dis-je affolé en lui tendant une main qu'il saisit.
- C'est rien, c'est pas grave.
- Sincérement, je suis désolé.


Il rigole et pose une main sur mon épaule. Il est grand, presque autant que moi.

- J'ai dis: c'est pas grave.
- D'accord,
je répond, encore un peu gêné.

Il sourit à nouveau et continue son chemin vers l'ascenceur, je me retourne et regarde les portes se fermer sur lui. Il me fait un dernier signe de la main puis je me dirige vers ma chambre, rêveur j'abaisse la poignée, oubliant qu'elle est fermée. Je sors la clé et entre, m'étalant sur mon lit. L'image de l'homme disparaît peu à peu de mon esprit et les traits de mon visage redeviennent comme avant. Tristes et tirés. Je suis tellement moche comme ça.
Je sors mon portable et compose sans hésitation un numéro que je connais par coeur. À peine deux sonneries et il décroche.

«- Andy ! C'est moi !
- Bill ! Alors, ça va mieux ?
- Bof... Je crois que j'ai envie de rentrer.
- Toi qui avais si hâte de partir !,
rigole t-il.
- Oui mais ici, j'ai pas l'impression d'exister. Puis tu me manques...
- Toi aussi, mais je t'oublie pas ! Tu t'es fais des amis ?
- Un.
- C'est une bonne nouvelle ! Alors racontes moi tout ! Il est beau ? Grand ? Blond ? Séduisant ?
- Andy ! J'ai dis "ami" !
- Oui mais toi et moi, on s'est très bien ce qu'on préfére chez nos amis !,
dit il malicieusement.
- T'as déjà eu envie de coucher avec moi ?
- Bill voyons, t'es mon meilleur ami ! Pas que tu sois laid, mais y a des choses qui se font pas !
- Bah voilà, t'as compris !
- Alors comme ça, t'as remplacé ton meilleur ami ?
- Rooh mais non !
- Je rigole! ... À part ça, ça va ?
- Ouais... C'est grand ici, je me sens un peu perdu.
- C'est sûr que ça te change ! Tu verras, je suis sûr que tu vas t'y plaire.
- Je sais pas.
- T'as une trop mauvaise opinion de la vie, arrêtes de te laisser abattre, sois un peu plus téméraire !
- Hier j'allais mieux mais là je sais pas. La pluie et tout, pff ça me démoralise.
- Qu'est ce qui s'est passé hier ?
- On est sorti avec mon ami, Georg, c'était un peu ennuyeux mais je sais pas. J'étais bien après...
- Ah tu vois ! Je te l'avais dit !
- Andy, tu me dépasses...,
je rigole.
- Oui, oui je sais. Je vais te laisser j'ai cours, Moi !
- Moi aussi.
- Bouges-toi ! Feignant !
- Je te rapelles bientôt, m'oublies pas hein !
- T'inquiètes, bisous Bill.
- Bisous.»


Je raccroche et laisse le portable glisser sur les draps, un sourire béat aux lèvres. La pluie, s'écrasant dans un bruit sourd sur ma fenêtre, me ramène bien vite sur terre et je me glisse sous les draps après voir fermé les volets, essayant tant bien que mal de m'endormir. J'ai toujours voulu changer les couleurs de ma vie et poutant j'ai trop de mal à m'adapter...


(......)



La pluie bat toujours contre la vitre, ça fait plusieurs minutes que je suis réveillé mais j'ai pas envie de voir l'heure. J'aime pas ça, me dire qu'il est trop tard que j'ai rien foutu et qu'en plus j'ai séché... Je regarde mon portable. Trois appels en absence, c'est Georg. J'appuie sur la touche rappel, et repasse la couette au dessus de ma tête. Juste moi, la chaleur et le noir.

«- Allooooooo ?

Et Georg --".

- C'est Bill, tu m'as appelé ?
- Oui ! On avait dis: 19h devant la cafet'.
- Grompf, il est quelle heure ?
- 20h30 !
- Ah merde... Désolé, je me suis endormis.
- Pas grave. Magnes-toi je t'attend !
- J'arrive.»


Je me lève et m'approche du miroir. Mes cheveux sont dressés dans tous les sens sur ma tête et mon tee-shirt et tout froissé puisque je m'étais endormi habillé. Je grimace et décide de faire un rapide shampoing et de me changer. Je laisse mes cheveux encore humides retomber sur mes épaules, si je prend le temps de me coiffer, Georg va me tuer. J'attrape mon sac et file en direction de l'ascenceur. Quand j'entre je souris, repensant au garçon que j'ai croisé un peu plus tôt. Je me demande ce qu'il faisait là, on est qu'une dizaine par étage et je suis sûr qu'il ne vit pas ici. Je sors du batîment et me met à courir en direction de la caféteria. J'ai l'impression de revivre exactement la même scène que plutôt dans la journée, sauf que là je me sens mieux. Un peu. Je m'engouffre dans la salle déjà entièrement remplie, avec le temps ça ne m'étonne pas.

- Bill ! s'exclame Georg en me sautant dessus. J'en peux plus j'ai cru qu'j'allai crever tellement j'avais faim !
- Désolé. Je dormais profondément.
- J'ai vu ça ! J'adore cette ambiance !


Je me retourne et il me tire vers les plateaux. Tout le monde parle, rigole, crie parfois. C'est l'heure de détente bien méritée après cette rentrée. Rêveur, j'observe la buée se former sur les carreaux, reflétant l'ambiance joyeuse qui règne et brouillant la vue déjà assombrie par la tombée de la nuit. J'en ai marre, tout à l'heure je ne surportais pas tous ses regards qui convergeaient vers le sol et se sentiment de transparence aux yeux des autres et maintenant j'ai qu'une envie, c'est de me barrer de cette ambiance qui pue le bonheur. Le rire de Georg me ramène une nouvelle fois au présent et je rempli à mon tour mon plateau. La nouriture est légèrement moins immonde qu'au lycée... C'est dingue je me sens tout le temps obligé de tout comparer à mon passé, comme si c'était mal que je change, que je décide de recommencer.

- Bill ? Hé ho tu m'écoutes au moins ?
- Pardon ?
- Je disais, demain après midi t'as pas de cours ?
- Euh non, je ne crois pas. Jeudi non plus.
- Parfait, tu viendras avec moi à la répet alors !
- Ben euh, je sais pas, je veux pas déranger.
- Mais non t'inquiètes ! Puis je leur ai déjà dis que tu venais !
- Bon alors, c'est ok,
dis-je en souriant.
- J'espère que tu vas aimer ce qu'on fait.
- Mais oui ! ... Sinon c'était bien ta journée ?
- Mouais ça va... Tu ne manges pas tes frites ?
- Euh, non non vas-y.


Il se sert dans mon assiette et le reste du repas se termine rapidement, rythmé par les rires des étudiants. On passe la soirée tous les deux comme chaque soir, je l'apprécie beaucoup. Je crois que s'il n'était pas là je me serais laissé dépérir depuis le premier jour.
Après m'avoir rapellé une bonne vingtaine de fois, qu'il ne fallait pas que je sois en retard pour le lendemain, il me laisse. Je me déshabille et me planque sous ma couette, m'imaginant déjà présenté à des inconnus...




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Voilà ! Et béh naon pas la rencontre xD, au prochain chapitre... On me l'a aussi demandé : NAON ce n'est pas une yaoi Georg/Bill !
Une fiction géniale mais peu connue >< : Besessen-und-verloren
(Chapitre *bétalecturé par Nem* U.U)

Vous en pensez quoi ? =s
# Posté le dimanche 30 septembre 2007 06:43
Modifié le vendredi 14 mars 2008 12:56

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